Auteur Sujet: Bristol Beaufighter / Ken Gatward  (Lu 59 fois)

Warbird

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Bristol Beaufighter / Ken Gatward
« le: 23 décembre 2018, 19:39 »


Au début de la guerre,en 1939, Ken Gatward était sergent-pilote et a été  affecté le 27 Juillet 1940. Il a d’abord volé sur Bristol Blenheim avec le n° 53 Squadron sur les raids de bas niveau. Il a été converti au Bristol Beaufighter en 1941 et a volé au sein du n° 236 Squadron .

l'histoire :

Un Bristol Beaufighter sur les Champs –Elysées le 12/6/42

Opération ‘Dispute’

Il s'agissait d'une opération spéciale dans la région parisienne réalisée en Juin 1942 qui avait pour but de créer un effet réconfortant parmi les Parisiens et d'exposer les occupants allemands au ridicule.
Cette idée un peu folle était née d'après les informations obtenues auprès d'une source fiable dès le début du printemps de 1942 par les services de renseignements britanniques et notamment par le major Ben Cowburn du Special Operations Executive (SOE). Ils avaient appris que, tous les jours, entre 12 heures et 12 h 45, un détachement de la Wehrmacht ou des SS venait parader sur les Champs-Élysées et il a été préconisé par le ministère de l'Air qu’un avion mitrailleur, volant à basse altitude, lançant une  attaque au canon contre ce défilé aurait des résultats importants dans la défense du moral du peuple français. La Royal Air Force, par l’Air Chief Marshal Philip Joubert de la Ferté, le commandant en chef du Coastel Command décide alors de venir ridiculiser les Allemands en portant un coup spectaculaire à leur arrogance de vainqueur. L'objectif de l'opération "Squabble" était de profiter de leur défilé quotidien pour venir les mitrailler pendant qu'ils se pavanaient sur la plus belle avenue du monde.

 

Comme la cible était hors de portée des Spitfires, les Beaufighter du Fighter Command auraient dû être munis d'un équipement spécial ; il a donc été décidé par le ministère de l'Air le 30 Avril 1942 que l'opération serait réalisée par un seul Beaufighter du Coastal Command, le ND-C, serieT4800.

En conséquence, le groupe C  de l’A.O.C  a prit des dispositions pour que cette attaque lui soit affectée. Le nom attribué à ce vol spécial fut « l’Opération Dispute" et le 236 Squadron a été choisi pour accomplir la tâche.

 

Le Flying Lt Gatward a été appelé pour savoir s’il se porterait volontaire pour cette «dangereuse» mission. Il l’accepta et entrepris de nombreuses simulations d’attaques de jour à basse altitude avec son navigateur attitré. Le 5 mai 1942, ils ont commencé à pratiquer des raids audacieux en attaquant des convois sur la Manche. Ils ont étudié à fond les cartes de Paris et les meilleurs itinéraires pour aborder la ville et en sortir rapidement. Avant le raid, ils se sont procuré un grand drapeau tricolore auprès du Porsmouth Harbour et l’ont coupé dans le sens de la longueur pour obtenir  deux morceaux identiques. Chaque section a été lesté avec des tringles en fer et les ont testés en les laissant tomber d’un toit de hangar pour observer comment ils se déployaient puis ils les ont installés sur leur avion.

Le caractère dangereux de cette opération demandait des conditions spécifiques. Pour que l'opération réussisse, il fallait une couverture nuageuse importante sur la Manche et les côtes françaises qui puisse permettre à l'avion de ne pas être repéré et au contraire un temps dégagé et une bonne visibilité l'autorisant à voler à très basse altitude. Après quatre essais infructueux, les conditions semblent être plus satisfaisantes le 12 juin 1942. Après avoir décollé de sa base de Thorney Island, le Flying Lieutenant Ken Gatward, en tant que pilote, en compagnie du sergent Gilbert, George Fern, son navigateur/mitrailleur, et l’avion a établit son cap vers la cible à 11h31 et a franchi les côtes françaises à Fécamp à 11h58 sous une pluie battante, à 2000 pieds. Son carnet de vol indique que le temps a commencé à s'améliorer au-dessus de Rouen et qu'il faisait un grand soleil. Grâce à la visibilité de dix à vingt miles sans nuage, l'avion est passé au-dessus de la banlieue de Paris, à très basse altitude et la Flack légère a été rencontrée pour la première fois. Puis il a plongé après les collines de Saint-Cloud  vers la tour Eiffel "qui se dressait, à côté de la Seine, comme une curieuse allumette".

La Tour Eiffel a donc été facilement repérée et a été contournée à 12h27 alors qu’il subit l’impact d’un oiseau dans son radiateur tribord mais l’avion, très peu endommagé, poursuivi son vol sans encombre. Il vira sur les Champs-Elysées à 12h28.

Il n'y avait aucun signe de la parade sur l’avenue, il était quelques minutes trop tôt pour le défilé allemand, dont les troupes commençaient seulement à se regrouper dans une rue adjacente. En volant à la hauteur des derniers étages des immeubles, il a remonté les Champs-Élysées à 12 h 27 précisément... 

mais pour compenser ce rendez-vous manqué, un drapeau tricolore a été largué sur l'Arc de Triomphe, après quoi l'avion a volé vers le bas des Champs Elysées, au niveau du haut des immeubles,  mais il n'y avait toujours aucun signe de troupes. Conformément aux instructions données lors du briefing, et pour ne pas rentrer en Angleterre sans avoir tiré un coup de feu, le Beaufighter a viré sur l'aile pour attaquer l à coups de canon de 20mm le second objectif qui lui avait été assigné : le QG de la Gestapo de la rue Lauriston dont les sentinelles s’éparpillèrent rapidement. Après quoi il a délicatement largué deux immenses flammes tricolores, l'une sur l'Arc de Triomphe, l'autre sur le ministère de la Marine à la Concorde. "Je n'oublierai jamais, a écrit Gatward, l'étonnement des Parisiens en manches de chemise voyant cet avion anglais raser les toits des Champs-Élysées" alors que l’Intelligence Service confirmait que la parade s’était mise en place au moment de l’attaque mais se dispersa dans un beau désordre et la confusion la plus totale. 

 

Le pilote a signalé qu'il y avait beaucoup de badauds des deux sexes, la plupart d'entre eux en manches de chemise, dont beaucoup agitaient les bras. Avant d'ouvrir le feu sur le bâtiment du ministère de la Marine, le pilote s'est cependant assuré qu'il n'y avait pas de piétons dans la ligne de feu. Son point de mire était à mi-hauteur du bâtiment.

À 12h30, l'avion a remis le cap sur sa base et a maintenu sa trajectoire jusqu'à la côte de façon identique au vol de l’aller. La côte française a été franchie une deuxième fois, mais en sens inverse, à 12h55 et l'avion a finalement atterri à Northolt à 13h53.

Le tout avait été parcouru à une hauteur de 20 à 30 pieds, et même si l'avion a survolé l'aérodrome de Rouen à cette altitude sans rencontrer d’opposition notoire, les tirs de canons de la DCA légère rencontrés au cours de l’approche de la cible étaient très clairsemés.

Cette mission a reçu sa part de publicité et quelques-unes des photos prises en cours de route ont été montrées au public en totalité. En outre, le pilote de l'aéronef, F / Lt. Un Gatward K. a reçu la DFC et le navigateur Sgt. G F. Fern s’est vu accordé la DFM et une belle prime.

Après la libération, pour le remercier de ce coup d'audace, la France reconnaissante a offert au Wing Commander Gatward... un magnum de champagne. Dont la caisse en bois ornée d'un ruban tricolore avait été soigneusement gardée par l'ancien aviateur.

le Beaufighter ....

Envergure    17,63 m
Longueur    12,5 m
Hauteur    4,83 m
Surface alaire    46,7 m2
Masses
À vide    7 072 kg
Maximale    11 521 kg
Performances
Vitesse maximale    516 km/h
Plafond    8 839 m
Vitesse ascensionnelle    492 (sans torpille) m/min
Rayon d'action    2 816 km
Armement
Interne    4 canons Hispano Mk III de 20 mm (60 obus/arme) dans le nez et
Version Fighter Command:
4 mitrailleuses fixes Browing de 7,7 mm (aile droite) et 2 mitrailleuses fixes Browing de 7,7 mm (aile gauche)
Version Coastal Command (lutte anti-navire):
1 mitrailleuse Vickers GO orientable de 7,7 mm (observateur)
Externe    Version Fighter Command:
8 roquettes RP-3 de 60lbs (27kg) ou 1 000lbs (450kg) de bombes.
Version Costal Command:
1 torpille de 450 mm

une vraie saloperie cet engin ....


meme s'il a toujours souffert de ses problemes de jeunesse (instabilite laterale) , la bestiole etait une plaie pour les marins qui avaient le malheur de croiser sa route ...

Le projet démarra fin 1938 dans le but de réaliser un chasseur lourd bimoteur, puissant, bien armé et pourvu d'une bonne autonomie. L'avion conserva les ailes et la partie arrière du Bristol Beaufort, la partie avant et les moteurs Hercules eux étaient nouveaux. Le prototype vola le 17 juillet 1939. À cette date une commande de trois cents exemplaires avait déjà été émise, les premiers Mk.IF arrivèrent en septembre 1940 dans les détachements du Fighter Command. Le Beaufighter était rapide, bien armé et très puissant ce qui lui permettait de compenser le poids des différents équipements de bord. Quelque 5 562 exemplaires furent produits. Il fut produit dans des usines de l'ombre entre autres à Blythe Bridge dans le Staffordshire, à Coventry, à Stockport et à Weston-super-Mare dans le Somerset.
Les premiers Mk.IF servirent comme chasseurs de nuit et lorsque les Allemands stoppèrent les raids sur Londres, le Squadron 615 avait obtenu cinquante victoires dont treize pour John Cunningham et son observateur Jimmy Rawnsley. Ils servirent également comme chasseur diurne à long rayon d'action. Par la suite, en Europe, les versions suivantes des « Beau » se distinguèrent dans les attaques de navires par torpillages et à l'aide de roquettes.
Le Beaufighter arriva dans les Squadrons en Asie et dans le Pacifique courant 1942.
Sur le théâtre de l'Asie du Sud Est, le Beaufighter Mk.VIF opéra depuis l'Inde britannique pour des missions de nuit contre les lignes de communications japonaises en Birmanie et en Thaïlande. La grande vitesse et la basse altitude des attaques furent hautement efficaces, malgré un temps souvent exécrable. Les soldats japonais le baptisèrent Whispering Death (la mort chuchotante), ses moteurs à chemise louvoyante émettant un son caractéristique et relativement faible. Avant l’arrivée des DAP Beaufighter de conception australienne aux Squadrons de la RAAF (Royal Australian Air Force), le Bristol Beaufighter Mk.IC fut employé pour des missions anti-navire. La plus connue de celles-ci est la bataille de la mer de Bismarck, au cours de laquelle ils opérèrent avec les Douglas A-20 et B-25 Mitchell de l’USAAF. Fin 1944, les unités de Beaufighter de la RAF furent engagées dans la Première Guerre civile grecque et se retirèrent finalement en 1946. Le Beaufighter fut aussi utilisé par le Portugal, la Turquie ainsi que la République dominicaine. Il fut aussi brièvement utilisé par l’Armée de l'air israélienne.




cro

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Re : Bristol Beaufighter / Ken Gatward
« Réponse #1 le: 23 décembre 2018, 21:01 »
Super cette histoire, merci Warbird

Skywatcher

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Re : Bristol Beaufighter / Ken Gatward
« Réponse #2 le: 23 décembre 2018, 21:22 »
Merci Warbird, on en redemande des histoires comme cela ;)

Gedeon

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Re : Bristol Beaufighter / Ken Gatward
« Réponse #3 le: 24 décembre 2018, 10:09 »
Super histoire.
Merci Warbird